Journée mondiale de la santé mentale : et si on commençait par parler de solitude ?
Le 10 octobre, la Journée mondiale de la santé mentale met en lumière un sujet souvent associé au burn-out, à l’anxiété ou à la dépression. Mais il existe un autre facteur, plus discret, plus silencieux, mais tout aussi destructeur : la solitude.
La solitude : un fléau discret, mais massif
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- 12 % de la population française est socialement isolée (Fondation de France, 2024)
- 24 % des Français déclarent se sentir régulièrement seuls
- 10 % ressentent la solitude « tous les jours » ou « presque tous les jours »
- Chez les 18-24 ans, la situation est encore plus préoccupante : 62 % se sentent seuls régulièrement (Psycom)
Au total, près de 9 millions de Français se sentent seuls et en souffrent (LCP, 2024).
Et l’OMS alerte : la solitude est désormais considérée comme une « menace cachée mondiale » pour la santé mentale, responsable de près de 100 décès par heure dans le monde.
Le paradoxe français : un besoin de lien, mais peu d’occasions
Cette solitude n’est pas subie passivement. Elle s’accompagne d’un désir fort de lien social :
- 1 Français sur 3 aimerait élargir son cercle d’amis (Ipsos 2023)
- 52 % estiment manquer d’occasions de rencontrer de nouvelles personnes (OpinionWay)
- 40 % des repas en France sont pris seuls (INSEE)
- Les dîners entre amis ont chuté de 40 % en 20 ans
- Et 69 % des urbains se disent lassés des relations virtuelles et aspirent à plus de moments en présentiel (CSA 2023)
Se reconnecter passe par des gestes simples
On oublie trop souvent que la santé mentale ne se joue pas uniquement dans le cabinet d’un psy ou dans une application de méditation.
Elle se joue aussi dans ces moments simples :
→ Un dîner partagé
→ Une écoute sincère
→ Un “Tu fais quoi dans la vie ?” qui devient une vraie discussion
- 78 % des 18-35 ans disent que leurs plus beaux souvenirs sont liés à un repas partagé
- 1 Français sur 2 considère que partager un dîner avec des inconnus est une expérience “enrichissante et excitante” (IFOP)
- Et selon Harris Interactive, le dîner est le moment préféré des Français pour faire des rencontres
Dixner : une réponse sociale à un enjeu de santé mentale
Dixner ne se revendique pas comme une solution miracle.
Mais à travers ses dîners matchés dans plus de 40 villes françaises, le projet tente d’agir là où beaucoup de politiques échouent : en recréant du lien réel, entre vrais gens, dans un cadre chaleureux et sécurisé.
Chaque dîner, ce sont 10 personnes réunies, venues de tous horizons, sélectionnées pour leur compatibilité, autour d’un ambassadeur qui veille à l’écoute et à la bienveillance.
Ce n’est pas une soirée “de plus”. C’est une bulle sociale dans la semaine.
Un moment sans masque. Un point d’appui émotionnel. Une respiration.
« Je ne pensais pas que parler avec des inconnus pouvait me faire autant de bien. »
La santé mentale est un sujet collectif
La solitude n’est pas une faiblesse individuelle. C’est un symptôme sociétal.
Et pour y répondre, il ne suffit pas de sensibiliser. Il faut reconstruire des contextes où le lien peut naître.
En cette Journée mondiale de la santé mentale, peut-être que le geste le plus radical n’est pas de s’isoler pour “prendre soin de soi”,
mais d’aller vers l’autre, doucement, sincèrement, autour d’un plat ou d’une conversation.
Parce qu’au fond, la santé mentale passe aussi par les autres.